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Science-fiction française

Science-fiction française

L’expression science-fiction française donne une drôle d’impression, un peu comme les expressions marine française ou haute-cuisine anglaise.

La France est essentiellement une puissance terrestre, comme l’Allemagne, la Russie, la Chine ou l’empire Romain, pas une puissance maritime, comme l’Angleterre, le Japon, Carthage ou l’Amérique (quoique, pour être juste, cette dernière était un peu les deux à la fois dans le passé et ne l’est plus vraiment, étant donné que le Mexique et le Canada ne posent pas vraiment de grands dangers à sa suprémacie). En tant que puissance terrestre, ses intérêts politiques et militaires portent principalement sur la terre ferme, relativement à ses voisins proches. La Marine nationale n’est pas aussi forte que la Marine américaine, en conséquence, ce qui ne surprendra personne. La Marine royale britannique, elle, était autrefois aussi prééminente que la Marine américaine mais n’est plus que l’ombre d’elle-même aujourd’hui, pour dire les choses comme elles sont, et, aujourd’hui, elle est probablement sur un pied d’égalité avec sa voisine au niveau de sa capacité à projeter des capacités offensives.

Jules Verne

Au niveau de la science-fiction, c’est à peu près la même chose. La science-fiction d’expression français n’a jamais été aussi dynamique que sa contre-partie d’expression anglaise, en termes d’impact. La science-fiction est en réalité un phénomène culturel typiquement américain. Ses racines se trouvent dans le passé du monde occidental, parfois dans un passé très lointain, mais cet art a surtout fleuri au XXième siècle, en Amérique, et elle y est encore très forte, probablement parce que l’humanité a besoin de fantaisie et de rêves, la rationalité étant assez froide et aride. La science n’est probablement pas en mesure de tout expliquer ce qui existe. Nous ne croyons plus dans les anges et les fantômes, les fées et les géants vivant dans des caves, et, pour être honnête, quelque chose manque en conséquence dans nos sociétés. La religion organisée a toujours été handicapée par sa nature surnaturelle, mais ce n’est pas le cas de la philosophie. La spiritualité peut combler un besoin, puisqu’il est parfois nécessaire de soutenir et de consolider l’âme humaine, si souvent ébranlée et en proie aux tourments de l’âge moderne. Nous voulons (et nous avons besoin de) croire, comme l’affirme la célèbre affiche que l’on voit dans la série X-Files, accrochée à l’un des murs du bureau de Fox Mulder.

La science-fiction est une réponse à notre besoin de croire en un avenir meilleur. À mon sens, deux écrivains français se sont démarqués dans ce domaine, le premier très bien connu, le seconde presqu’entièrement inconnu, surtout dans l’univers culturel anglophone, étant donné qu’à ma connaissane, il n’a jamais été traduit. Jules Verne est connu à travers le monde entier, en tant que l’un des principaux représentants de l’anticipation scientifique. Il peut parfois être un peu dépassé, partculièrement lorsqu’il parle de voyages hors de la surface terrestre. Il a cependant écrit des oeuvres qui ont été lues (et continuent d’être lues) partout dans le monde, remplies d’événements dramatiques et d’intrigues ingénieuses.

Un thème majeur domine la plupart de ses écrits, cependant, soit la science et la technologie. Cela se retrouve un peu partout, sous bien des formes: sous-marins, navires, ballons, balles géantes tirées par un canon texan géant pour amener des gens autour de la Lune et en revenir, etc. Il est visiblement fasciné par les objets physiques, à une époque qui était elle aussi fascinée par les objets physiques, par tout ce qui était matériel.

Remerciements particuliers à Charles Millar. Lire l’article complet dans L’Archipel humain



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Catégorie : Culture
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